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LES maréchaux
BON de MONCEY Adrien-Jeannot   (1754 - 1842)
Maréchal de France - Duc de Conégliano

Né le 31 juillet 1754 à Besançon (Doubs), Bon Adrien Jannot de Moncey, fils d'un avocat au Parlement de cette ville étudia le droit avant de préférer le métier des armes en s'engageant en 1769 dans le régiment de Conti-Infanterie.

Volontaire dans le régiment de Champagne, il y servit de 1768 à 1772. Gendarme dans la compagnie desMoncey Anglais du 18 avril 1774 au 15 août 1778, il prit rang de sous-lieutenant de dragons dans les volontaires de Nassau, le 16 août 1778. Lieutenant en second le 30 août 1782, il est promu lieutenant en premier dans le même corps, devenu Montréal, le 1er juillet 1785. Il est muté avec le même grade dans le 5e bataillon de chasseurs le 1er juin 1788 et passera capitaine le 12 avril 1791. Chef de bataillon le 26 juin 1793 dans le régiment des chasseurs catalans, il est promu général de brigade en avril 1794. Général de division le 21 prairial an II Napoléon lui confit le  22 messidor an II (1794) le commandement en chef pour la conquête de la Navarre espagnole. Du 6 au 14 thermidor, il enlève à la baïonnette les retranchements ennemis, s'empare de leurs camps, de leur munition et de leur armement et fait de nombreux prisonniers. Le montant de son butin est évalué à 32 millions de franc. Il signa la paix à Saint-Sébastien.

En l'An IV, il commanda l'armée des côtes de Brest, puis successivement les 11e et 15e divisions militaires. Réformé le 5 brumaire an 6, il est remis en activité le 4° jour complémentaire an 7. Lieutenant du général en chef de l'armée du Rhin le 3 germinal an 8, il commanda un des corps de l'armée d'Italie à partir du 12 messidor an 9, contribua à la victoire de Marengo et occupa la Valteline.

L'Empereur le nomma le 12 frimaire An X, inspecteur général de la gendarmerie. Il se consacre alors à organiser le poste de premier inspecteur général de la Gendarmerie qu'il occupera pendant 12 ans suivant l'Arrêté du 8 germinal An VIII.

Maréchal de France le 19 mai 1804, Grand officier de la Légion d'honneur, il fut employé en Espagne en 1808 et 1809. Il reçut le titre de duc de Conegliano et commanda l'armée de réserve du Nord. Major général, commandant en second de la garde nationale de Paris en 1814, il se distingua le 31 mars dans la bataille livrée sous les murs de la capitale.

Lorsque Louis XVIII monta sur le trône, il le maintint dans ses fonctions et le nommera pair de France. Il prête alors serment au Roi et par respect pour son engagement resta à l'écart durant les Cent-Jours. Appelé à présider le conseil de guerre qui devait juger le Maréchal Ney, il refusa (Voir la lettre qu'il adressa au roi). Il fut pour cela destitué et mis aux arrêts à la citadelle de Ham en septembre 1815. Il sera rétabli dans ses titres et dignités le 14 juillet 1816 et sera à nouveau  nommé pair de France en 1819. Il commanda par la suite, la 9e division militaire avant de retourner en Espagne à la tête du 4e corps d'armée en 1823.

Suivant la tradition, le maréchal Moncey, doyen des maréchaux porta l'épée du connétable lors du sacre de Charles IX en 1825.
Nommé gouverneur des Invalides le 17 septembre 1833, il reçu en cette qualité, la lourde tâche de recevoir les cendres de Napoléon en 1840.
Le Maréchal Moncey mourut le 20 avril 1842 à l'âge de 88 ans.




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LES généraux de division

RADET Étienne  (1762 - 1825)
Général de division - Baron d'Empire

Né le 18 décembre 1762 à Stenay (Meuse), Étienne Radet s'engage à l'armée en 1780. Sergent en 1782, il entra en qualité de cavalier à la compagnie de Maréchaussée du Clermontois où il fut brigadier l'année suivante. Suivant les règles établies à la révolution, il fut élu lieutenant dans la garde nationale le 10 août 1789. Promu capitaine, il commanda une compagnie de canonniers à Varennes en Argonne lors du passage de Louis XVI le 21 et 22 juin 1791. C'est à cette occasion que le Roi lui confia une cassette à faire parvenir à sa famille. Cet acte lui valu sous la terreur d'être accusé d'avoir favorisé la fuite du roi et traduit devant un tribunal révolutionnaire. Il ne devra son acquittement qu'à ses excellents états de service.

Le 20 septembre 1792 il se retrouve à Valmy aux cotés de Kellerman. Nommé aide de camp du général Dillon, il commanda l'avant-garde de l'armée du Nord puis servira comme adjudant-général (chef d'état-major) à l'armée de Sambre et Meuse.

Nommé colonel de gendarmerie le 17 février 1798, il est désigné chef de la 24ème division à Avignon et reçoit pour mission de purger le pays des brigands et d'y rétablir l'ordre. Les résultats spectaculaires qu'il obtint, le fit remarquer du Premier consul à son retour d'Égypte. Il fut promu général de brigade et inspecteur de la gendarmerie le 3 mai 1800 avec pour nouvelle mission de préparer la nouvelle réorganisation de l'arme. Il s'y employa pleinement et de 1802 à 1805, il réorganisa la 26ème légion en Corse. A partir de 1805, les légions d'Italie du Nord, dans le royaume de Naples et en Toscane. C'est à cette époque qu'il reçu l'ordre redoutable d'enlever le pape Pie VII.

Par lettres patentes du 30 mars 1813, il est fait baron d'Empire et reçoit le brevet de Grand Prévôt de la Grande Armée en Allemagne. Il sera promu général de division le 5 novembre 1813. Il assurera le commandement de l'arrière-garde de la terrible retraite de Russie. Lorsque l'Empereur abdiqua, il fut mis en demi-solde et se retira dans sa propriété de Varennes. Á son retour de l'île d'Elbe, Napoléon le fit rappeler à l'activité le nomma en juin grand prévôt de l'armée et lui confia la gendarmerie du midi de la France. C'est à cette époque qu'il reconduira à Cette (Sète) le Duc d'Angoulème en vue de son embarquement pour l'Espagne.

Blessé à Waterloo, il sera mis en non activité le 3 août 1815  et remplacé dans ses fonctions par le colonel Coroller. Il sera arrêté le 4 janvier 1816 et incarcéré à la citadelle de Besançon. Jugé par le conseil de guerre de la 6ème division militaire, il sera condamné le 28 juin 1816 à neuf ans de détention. Le service rendu à la famille royale en 1791 et l'intervention du Duc d'Angoulème lui permirent d'obtenir sa grâce le 26 décembre 1818.

Le 16 décembre 1819, il sera admis à la retraite et décèdera à Varennes le 28 septembre 1825.


LAUER Jean-Baptiste (1758 - 1816)
Général de division - Comte d'Empire

Né je 25 mai 1758 à Sarreguemines (Moselle), Jean-Baptiste LAUER s'engage comme volontaire dans la cavalerie de la légion de Lauzun le 25 mai 1778. Il passa le 6 décembre 1779 dans le 4e régiment de chasseurs à cheval, devenu Bretagne. Brigadier, le 9 juillet 1781, maréchal des logis le 24 septembre 1784, sous-lieutenant le 8 mai 1792, il devient l'aide de camp du général Destournelles le 10 septembre. Le 16 mai de l'année suivante, il eut rang de lieutenant et rejoignit l'armée de la Moselle le 1er juin, en qualité d'adjoint aux adjudants-généraux. Aide de camp du général Burcy le 15 octobre, du général Hatry le 6 frimaire an 2, il reçut un coup de feu à l'attaque de Pillingen le 15 du même mois puis sera atteint d'un coup de baïonnette et d'un éclat d'obus en défendant les hauteurs des Deux-Ponts contre l'infanterie prussienne. Il fut chargé par la suite d'attaquer les Autrichiens en avant de Saverne, où il reçut un coup de bisçaïen, puis concourut au dé blocus de Landau.

Les représentants du peuple Baudot et Lacoste, en mission aux armées du Rhin et Moselle, lui conférèrent, le 23 ventôse pour sa bravoure et son engagement, le grade d'adjudant-général chef de brigade, général de divisionqui fut confirmé par la Convention. En thermidor il prit part à l'attaque de Trêves et enleva à la tête de sa brigade quelques centaines de prisonniers et 4 pièces de Canon. Pendant la retraite de l'armée du Rhin et la bataille de Pfrim, il sut contenir l'armée ennemie jusqu'à 7 heures du soir avec une seule division. En l'an 6, il prit part à l'expédition des Grisons, vint en l'an 7 à l'armée du Danube et se trouva, le 13 floréal an 8, au combat de Moerskich, où, à la tête d'un escadron du 1er carabiniers, il reprit une position abandonnée par l'infanterie. Au passage du Danube il prit le commandement de sa brigade, et repris l'avantage sur l'ennemi en faisant 600 prisonniers et en prenant possession de 4 pièces de canon ; le même jour, à Dillingen, sa brigade ayant été renforcée des 8° et 9° régiments de cavalerie, il chargea de nouveau l'ennemi et lui enleva ses convois de vivres et de munitions.

Compris sur le cadre des adjudants-commandants le 15 thermidor an 9 et nommé chef de la 25e légion de gendarmerie nationale, à Coblentz, le 18 fructidor suivant, il reçut la décoration de la Légion d'honneur le 15 pluviôse an 12, celle d'officier de l'ordre le 25 prairial, et fit les campagnes d'Autriche, de Prusse et de Pologne en qualité de commandant de la force publique attachée à la grande armée.
Promu au grade de général de brigade dans l'arme de la gendarmerie le 18 mars 1807, il est nommé inspecteur de la gendarmerie la même année.

Le 18 juin 1808, il partit pour Bayonne et servit au grand quartier général de l'armée d'Espagne pendant le séjour de l'Empereur dans la Péninsule. Le 25 mars 1810 il est fait comte d'Empire. Nommé commandeur de la Légion d'honneur le 30 juin 1811 et grand prévôt de l'armée de Russie en 1812, il parvint à ramener sur le Rhin 185 gendarmes sur 408 qui composaient le détachement de force publique à son départ de Moscou. Le 14 mai 1813, il reçut le commandement de la forteresse de Torgau où, ayant été fait prisonnier à la capitulation du 10 janvier 1814, il fut conduit en Russie.

Rentré en France et admis à la retraite le 27 janvier 1815. Le comte Lauer était chevalier de l'ordre de Saint-Maximilien de Bavière ; il mourut à Paris le 17 décembre 1816.




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LES généraux de brigade
WIRION Louis  (1764 - 1810)
Général de brigade

"Dire comment on peut, consolider les institutions qui préviennent les crimes, c'est parler en-faveur de la justice, et servir la cause de l'humanité."

Général Wirion - 30 thermidor An VIII de la République Française.


ouis WIRION, né à Logny ( Ardennes ) le 22 février 1764, fit ses premières armes en 1784 au régiment  de Ségur dragons puis prit son congé en 1786. Nommé, en 1789, major-général d'un corps du jeunes légistes , il fut fait le 1er septembre 1789, lieutenant de cavalerie dans la garde nationale parisienne qui deviendra la 29ème division de gendarmerie à cheval. Il participa en qualité de capitaine à la force publique de l'armée du nord et des Ardennes aux batailles de VALMY et de NEERWINDEN. Sa conduite à l'armée pendant la campagne de 1792 lui mérita le brevet de colonel le 22 juin 1793. Il assista par la suite à la bataille d'HONDSCHOOTE. Promu général de brigade le 3 messidor An II (21 juin 1794), il devint commandant de la force publique des armées du Nord et de SAMBRE et MEUSE. Il fut chargé d'organiser la gendarmerie dans ces départements réunis (Roer, Rhin-et-Moselle, Mont-Tonnerre, Sarre) par deux arrêtés du comité de salut public en date du 8 brumaire An IV (30 octobre 1795) et du 28 brumaire An IV (19 novembre 1795). La même année, il rétablit en BELGIQUE l'ordre troublé à la suite d'une loi sur la conscription. En l'An VIII (1800), il présida à l'implantation de 200 nouvelles brigades dans les départements de l'ouest de la France, créées par décret du 29 pluviôse (18 février 1800) et fit preuve en la circonstance des plus grands talents. Dès son arrivée dans la région à organiser, Wirion faisait porter son étude sur la topographique, la population, la situation politique, les ressources agricoles, industrielles et commerciales, l'infrastructure routière afin de déterminer précisément le lieu d'implantation des brigades.

Après avoir travaillé à la rédaction d'un règlement de service à l'usage des divisions de gendarmerie placées sous ses ordres et qui fut intitulé règlement de l'An III, il participa avec la commission des Cinq Cents, à l'élaboration de la loi du 28 germinal an VI (17 avril 1798), qui devait remplacer toutes les lois rendues depuis 1789 sur l'organisation, la composition, la solde, la discipline et le service de la gendarmerie nationale. Par la suite, il s'occupera de l'instruction des officiers en rédigeant notamment un règlement dans lequel il expliquait avec précision les divers articles de cette loi pour en rendre l'exécution facile et uniforme. Il entendait par la même occasion protéger l'arme des sollicitations abusives des diverses autorités en déclarant que « la connaissance de ce règlement, ne sera pas utile aux membres de la gendarmerie nationale seulement; il servira également aux autorités administratives et judiciaires, aux officiers généraux commandant dans les départements, aux chefs de la garde nationale sédentaire et de la garde nationale en activité et même à tous les citoyens qui sont intéressés à connaître les procédés par lesquels la gendarmerie nationale contribue au maintien de la tranquillité générale et de l'ordre public, de la sûreté individuelle et à la répression des crimes et délits qui portent atteinte au pacte social».

Il sera également chargé des missions d'organisation au  PIÉMONT en l'An IX (1801) et dans le royaume de NAPLES en l'An XII (1804), il prit rang à l'état-major général de la gendarmerie en l'An X (1802). Il sera nommé inspecteur-général de la gendarmerie le 12  frimaire An X. Membre de la légion d'honneur, Wirion s'est distingué aux armées du centre, des Ardennes, du Nord, de Sambre-et-Meuse, et a participé aussi aux cinq premières campagnes de la liberté.

Commandant supérieur à Verdun, chargé de la police et de la surveillance des prisonniers anglais détenus en cette place, il fut accusé d'extorsions de fonds et prévarication au préjudice des prisonniers. Convoqué devant la commission du Conseil d'État désigné par l'Empereur le 7 mars 1810 pour examiner les faits, ce grand technicien de l'Arme ne supporta pas le déshonneur d'une telle accusation et s'ôta la vie le 8 avril 1810 dans le bois de BOULOGNE.

BUQUET Louis Léopold  (1768 - 1835)
Général de brigade - Baron d'Empire

Né le 5 mai 1768 à Charmes-sur-Moselle (Vosges), Louis Léopold BUQUET fit des études complètes au collège Saint-Claude à Toul et se fit recevoir avocat à Nancy le 16 février 1790.

Parti comme volontaire au 4° bataillon des Vosges, il fut élu le 28 août 1791 sergent-major. Lieutenant quartier-maître le 15 décembre 1792, il suivit l'armée sur le Rhin et passa le 30 mars 1793, en qualité de lieutenant adjoint provisoire, auprès de l'adjudant-général Kléber. Capitaine le 25 juin, il devint le 16 août aide de camp du général Kléber, dont il fut le confident et l'ami. En Vendée, Buquet dégagea le général Bloss qui allait succomber sous les coups de trois Vendéens qui l'entouraient et peu après, à la tête de quelques hommes, s'empara par un hardi coup de main, d'un bourg dont il chassa les Vendéens et délivra 600 prisonniers enfermés dans l'église. Il servit ensuite aux armées de la Moselle et du Rhin de 1793 à l'an 4.

Adjudant-général chef de bataillon le 7 janvier 1794, il prend rang d'adjudant-général chef de brigade leLouis Léopold BUQUET 13 juin 1795. Le 15 juillet 1794, devant Louvain, il s'élança au secours du capitaine Ney, depuis maréchal de France, et lui sauva la vie au prix d'une blessure au bras droit qui nécessita son absence momentanée de l'armée. Remis de sa blessure, Buquet alla remplir à l'armée de Sambre et Meuse les fonctions de chef d'état-major du général Colard, prit part aux sièges de Manheim et d'Ehrenbreitstein et entra le 10 juillet 1797 comme chef d'escadron dans la gendarmerie. Le 19 octobre 1798 il fut nommé chef de la 18e division de gendarmerie (Metz).

Appelé à Paris l'année suivante pour faire partie du comité chargé de l'organisation de cette arme et nommé, le 23 août 1803, commandant de la force publique des camps et armées des côtes de l'ouest (camp de Boulogne), il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 5 février 1804 et officier le 14 juin suivant. Nommé général de brigade le 20 octobre 1804, il fut employé auprès du maréchal Moncey, premier inspecteur général de la gendarmerie. À partir de 1805 il organisa la gendarmerie, dans la Ligurie, les États de Parme et de Plaisance et dans les départements de Marengo, de Montenotte, des Apennins et du Taro. Du mois de décembre 1807 au mois de février 1809, il eut le service de l'inspection générale de la gendarmerie, en l'absence du maréchal Moncey, alors en Espagne. Le 8 août 1809, il commanda plusieurs corps de gendarmerie rassemblés sur l'Escaut. Il fut ensuite choisi pour organiser et commander les 20 escadrons de gendarmerie de l'armée d'Espagne créés par décision impériale du 24 novembre 1809.

De 1810 à 1814 il prit une part active aux opérations de la gendarmerie dans les provinces du nord de la Péninsule et fut nommé commandeur de la Légion d'honneur le 30 juin 1811, avec le titre de baron de l'Empire. Chevalier de Saint-Louis le 29 juillet 1814, il fut nommé inspecteur général de la gendarmerie le 3 avril 1815.

Député des Vosges pendant les Cent Jours, il fut chargé, au retour de Louis XVIII, d'opérer le licenciement des corps de gendarmerie qui faisaient partie de l'armée de la Loire.

Admis à la retraite le 7 avril 1819, il fut élu député des Vosges en 1820 et 1827. Il mourut le 25 avril 1835, à Nancy.

SAVARY Anne Jean Marie René (1763 -1833)
Général de brigade - Duc de ROVIGO

Né le 26 avril 1774 à Marcq (Ardennes), Anne-Jean s'engagea le 1er octobre 1790 au 1er régiment de cavalerie (ancien Royal-Normandie). Nommé sous-lieutenant le 15 septembre 1791, puis lieutenant le 12 mai 1793, il devient l'aide de camp du général Fernis le 7 décembre suivant. Capitaine le 26 avril 1795, il se fit Anne René SAVARYremarquer à plusieurs reprises au cours d'opérations difficiles. Il sera nommé chef de bataillon le 22 avril 1797 pour avoir passé le Rhin en plein jour, sous le feu de l'ennemi, et s'être maintenu sur la rive droite jusqu'à ce qu'un pont eût été jeté. Le 31 octobre 1797, il devient l'aide de camp du général Desaix et le suit en Égypte. Nommé colonel provisoire par le général en chef Kleber, le 29 janvier 1800, il reste attaché à Desaix qui sera tué à Marengo.

Le Premier Consul l'attacha à sa personne, en qualité d'aide de camp, le 14 juin 1800. Confirmé colonel le 26 octobre de la même année, il est désigné chef de la légion d'élite de la gendarmerie le 5 septembre 1801. Général de brigade le 29 août 1803, puis général de division le 1er février 1805, il fut chargé de plusieurs missions importantes et participa à la bataille d'Austerlitz. Commandant en chef en 1806 du corps du Weser, il s'empara des villes de Hameln et de Niemburg. Le 31 janvier 1807, il remplaça le maréchal Lannes, blessé, dans le commandement du 5e corps et battit les Russes à Ostrolenka le 16 février. Il sera élevé à la dignité de grand aigle le 14 juin 1807.

À la bataille de Friedland, il chargea à la tête des fusiliers de la garde, et pour le récompenser de sa brillante conduite Napoléon lui donna le titre de duc de Rovigo. L'empereur l'envoya en Espagne pour remplacer Murat, il y prit le commandement des troupes françaises. Rappelé en France, il reçut, le 3 juin 1810, le portefeuille de la police générale. Rentré dans la vie privée à la suite de l'abdication de 1814, il reçut au retour de l'île d'Elbe l'inspection générale de la gendarmerie par décret impérial du 20 mars 1815 et fut nommé membre de la Chambre des pairs le 2 juin de la même année.

Après Waterloo, les Anglais qui ne lui permirent pas d'accompagner Napoléon à Sainte-Hélène, l'arrêtèrent et l'envoyèrent à Malte, où ils le firent enfermer dans le fort Lavalette. Il s'évada dans la nuit du 7 au 8 avril 1816 et débarqua à Smyrne. Condamné par contumace à la peine de mort le 24 décembre 1816, il quitta Smyrne pour se rendre à Trieste, puis à Gratz (Styrie), pour retourner à Smyrne en 1818, S'étant embarqué pour l'Angleterre en juin 1819, il partit de Londres le 4 décembre, débarqua à Ostende et rejoint Paris le 17 du même mois. Des juges lui furent aussitôt accordés et un conseil de guerre l'acquitta à l'unanimité, le 27 décembre 1819, sur les faits pour lesquels il avait été condamné à mort trois ans auparavant.

Admis à la retraite le 3 décembre 1823, le duc de Rovigo fut replacé dans le cadre d'activité le 7 février 1831 et nommé commandant en chef du corps d'occupation d'Afrique le 16 décembre suivant. Son état de santé l'obligea à revenir à Paris, où il mourut le 2 juin 1833.



BÉTEILLE Jean Alexis  (1763 - 1847)
Général de brigade

Le Né le 7 août 1763 à Rodez (Aveyron), Jean Alexis BÉTEILLE entra cavalier le 4 avril 1782 dans le régiment de Berry.

Il quitta le corps par congé le 23 septembre 1785 puis reprit du service le 23 janvier 1792, en qualité de lieutenant, dans le 2e bataillon de volontaires de l'Aveyron où fut nommé capitaine le 28 juin suivant. Il fit les campagnes de 1792 à l'an 2 aux armées des Alpes et d'Italie et reçut au siège de Toulon un coup de baïonnette à la main gauche. Embrigadé en l'an 2 dans la 56e demi-brigade, il fit partie de l'expédition d'Égypte et assista à la bataille des Pyramides, ainsi qu'aux sièges de Jaffa et de Saint-Jean-d'Acre. Le 3 vendémiaire an 8, il défendit avec ténacité, contre les Anglo-Turcs, le fort du Marabout et fut blessé de deux éclats d'obus, dont l'un à l'épine dorsale et l'autre à la jambe gauche.
Nommé chef de bataillon par le général Menou le 2 messidor an 9, il fut cité à l'ordre du jour de l'armée d'Orient du 4 fructidor. Rentré en France à la suite de la capitulation d'Alexandrie, il passa le 9 ventôse an 10, comme chef d'escadron, dans la 11e légion de gendarmerie et fut nommé membre de la Légion d'honneur le 25 prairial an 12. 

Il servit en métropole jusqu'à la fin de 1806, puis participa avec le prince de Ponte-Corvo aux deuxcombat de Villodrigo campagnes de 1807 et 1808 en Allemagne. Passé chef du 4e escadron de gendarmerie de l'armée d'Espagne le 5 décembre 1809, il fut nommé le 23 janvier 1811 colonel de la légion de Burgos, devenue 1ère légion de gendarmerie. Le 23 octobre 1812, il se distingua d'une façon particulière au combat de Villodrigo, où il reçut 12 blessures (bataille est inscrite au drapeau).

Le 5 janvier 1813, il dut rentrer en France et se rendit à Rodez pour y soigner ses blessures et rétablir sa santé. Il fut nommé officier de la Légion d'honneur le 10 février et général de brigade le 2 mars. Employé dans la 9e division militaire le 17 du même mois et appelé au commandement de l'Aveyron le 14 avril suivant, le ministre le chargea du commandement d'une colonne mobile le 21 août. Détaché en 1814 à l'armée de Lyon, sous les ordres du maréchal Augereau, il fut mis en non-activité en juin et reçut le 29 juillet la croix de chevalier de Saint-Louis et de commandeur de la Légion d'honneur le 23 août suivant. Le gouvernement l'employa le 30 septembre dans la 1ère division militaire.

Conservé dans ses fonctions le 13 février 1815, il y fut maintenu par Napoléon le 30 mars et mis en demi-solde le 14 septembre. Admis à la retraite le 20 mai 1818, puis remis en activité le 22 mars 1831, il reprit sa position de retraite le 1er mai 1832. Il se fixa à Paris, où il résida jusqu'à sa mort le 13 février 1847.




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LES personalités civiles

LAPORTE Alexandre  (1850 - 1904)
Sculpteur toulousain

Alexandre LaporteAlexandre Laporte est un sculpteur toulousain, né en 1850. Il entre à onze ans à l’école des beaux-arts de Toulouse puis va se perfectionner à l’école de Paris ; plus tard, il fréquenta l’atelier d’Alexandre Falguière qui forma tous les sculpteurs toulousains de la fin du XIXe siècle. Le style de l’école toulousaine est d’ailleurs imprégné du style baroque d’Alexandre Falguière.

Lorsque Laporte commence sa carrière de sculpteur en 1875, la IIIe république est naissante et encourage l’éclectisme qui puise dans tous les styles devenus consensuels : antiquité, Renaissance, baroque, romantisme. Avec sa sculpture «Tircis», Laporte obtient en 1886 une médaille au Salon des artistes français. Cette oeuvre, achetée par l'État, sera le point de départ d'une série de commandes publiques dont le but était de célébrer les hommes illustres de la République.

En 1887, il réalise sur l'un des deux frontons de la faculté de médecine et de pharmacie allées Jules Guesde « La leçon d’anatomie ». À l’école des beaux-arts, Laporte apprend à maîtriser tous les codes classiques, dont celui de l’allégorie. Il sculptera en 1896 le groupe « L’Ariège et La Garonne » dans lequel on retrouve les courbes baroques caractéristiques de l’école toulousaine, notamment dans les formes de La Garonne. Cette oeuvre initialement commandée pour embellir le jardin des plantes sera déplacée et restaurée place Lafourcade. On retrouvera également cette influence, dans son allégorie de « La Peinture » réalisée à la même époque pour décorer la façade de l’école des beaux-arts de Toulouse dans laquelle il enseignera en 1885.

Comme tous les artistes célèbres de l’école toulousaine, Laporte est mis à contribution pour orner la Salle des Illustres* à partir de 1892 ; il réalise Toulouse dans sa Gloire.
Vers 1884-85, il participe à la décoration de la façade du Capitole côté square ; il crée pour cela deux grandes statues allégoriques : « La Guerre » et « l’industrie ». L’allégorie de La Guerre y est représentée par un homme coiffé d'une peau de lion tombant sur ses épaules. On retrouvera ce mufle de lion coiffant le buste de la république dans le fronton qu'il réalise pour décorer l'entrée de la caserne de gendarmerie à pied. Malgré tous les attributs guerriers qui entourent cette République, l’artiste est parvenu à la rendre gracieuse grâce au médaillon qui encadre son visage et aux mèches de cheveux torsadées descendant de sa coiffe de lion.

Laporte était un grand sculpteur classique d’influence baroque qui a travaillé essentiellement pour sa ville natale. Il meurt en 1904, à l'âge de cinquante-quatre ans laissant plusieurs chefs-d’œuvre, dont Tircis, L’Ariège et La Garonne et le fronton de gendarmerie à pied.
Le style de l’artiste n’est ni mièvre, ni fade, il reste élégant et cette république du fronton de gendarmerie, est un bon exemple de ce qui se faisait de mieux dans le style néo-baroque de la fin du XIXe siècle.



Mme DUMAS
dipômée de l'histoire de l'art et archéologie


* La salle des Illustres a été construite de 1673 à 1677 dans l'hôtel de ville de Toulouse par les soins des Capitouls. Cette galerie met à l'honneur sous forme de 30 bustes en marbre, les plus grands hommes dans les Armes et dans les Lettres auxquels Toulouse a donné naissance.

RIEUX Jean (1878 - 1933)
Député - maire de Toulouse

C'est en 1947 que le «chemin haut» de Montaudran dit la «Côte-Pavée» prit officiellement le de nom de Jean Rieux.

Né le 4 avril 1878 à Toulouse d'un père négociant, il devint négociant lui-même, et s'engage dès sa jeunesse dans le socialisme guesdiste. Il collabore au Midi socialiste et devient administrateur de la revue «Le Mouvement socialiste» de 1902 à 1904.

Conseiller municipal de Toulouse en 1904, il sera maire de cette ville de 1906 à 1908 et de 1912 à 1919. Durant la guerre, il s'occupe activement du problème du ravitaillement de la ville, se consacrant à l'ouverture de restaurants gratuits destinés aux familles de mobilisés privées de ressources, à la création de cantines municipales et de magasins de vente, livrant à des prix réduits les denrées essentielles, et veillant au développement de la poudrerie de Toulouse.

Conseiller général en 1910, premier adjoint du maire Étienne Billières en 1920, il fut élu député de la Haute-Garonne en 1924 sur la liste du parti socialiste (S.F.I.O.) et occupera son siège jusqu'en 1928. Il reprend l'écharpe de député en mai 1932 mais de sérieux ennuies de santé l'écarte très rapidement de ses activités législatives. Il décèdera le 8 mars 1933 à l'âge de 55 ans à Launac (31).

(Source : Assemblée nationale)




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Lettre du Maréchal Moncey au roi Louis XVIII

« Sire, placé dans la cruelle alternative de désobéir à Votre Majesté ou de manquer à ma conscience, je dois m'expliquer à Votre Majesté.


Je n'entre pas dans la question de savoir si le Maréchal Ney est coupable ; votre justice et l'équité de ses juges en répondront devant la postérité, qui pèse dans la même balance les rois et les sujets. Ah! Sire, si ceux qui dirigent vos conseils ne voulaient que le bien de Votre Majesté, ils lui diraient que l'échafaud ne fit jamais des amis. Croient-ils donc que la mort soit si redoutable pour ceux qui la bravèrent si souvent?

Sont-ce les Alliés qui exigent que la France immole ses citoyens les plus illustres? Mais, Sire, n'y a-t-il aucun danger pour votre personne et votre dynastie à leur accorder ce sacrifice? Et après avoir désarmé la France à ce point que, dans les deux tiers de votre royaume il ne reste pas un fusil de chasse, pas un seul homme sous les drapeaux, pas un canon attelé, vos alliés veulent-ils donc vous rendre odieux à vos sujets en faisant tomber les têtes de ceux dont ils ne peuvent prononcer le nom sans rappeler leur humiliation?

Qui, moi, j'irais prononcer sur le sort de maréchal Ney! Mais, Sire, permettez-moi de demander à Votre Majesté où étaient les accusateurs, tandis que Ney parcourait tant de champs de bataille? Ah! si la Russie et les Alliés ne peuvent pardonner au prince de la Moskova, la France peut-elle donc oublier le héros de la Bérésina?

C'est à la Bérésina, Sire, que Ney sauva les débris de l'armée. J'y avait des parents, des amis, des soldats enfin qui sont les soldats de leurs chefs, et j'enverrais à la mort celui à qui tant de français doivent la vie, tant de familles leurs fils, leurs époux, leurs pères? Non, Sire, et s'il ne m'est pas permis de sauver mon pays et ma propre existence, je sauverai du moins l'honneur!

S'il me reste un regret, c'est d'avoir trop vécu, puisque je survis à la gloire de ma patrie. Quel est je ne dis pas maréchal, mais homme d'honneur qui ne sera pas forcé de regretter d'avoir trouvé la mort dans les champs de Waterloo? Ah! Sire, si le malheureux Ney eût fait là ce qu'il avait fait tant de fois ailleurs, peut-être ne serait-il pas traîné devant une commission militaire, peut-être ceux qui demande aujourd'hui sa mort imploreraient sa protection!

Excusez, Sire, la franchise d'un vieux soldat qui, toujours éloigné des intrigues, n'a jamais connu que son métier et la patrie. Il a cru que la même voix qui a blâmé la guerre d'Espagne et de Russie, pouvait aussi parler le langage de la vérité au meilleur des rois. Je ne dissimule pas qu'auprès de tout autre monarque ma démarche serait dangereuse et qu'elle peut m'attirer la haine des courtisans ; mais si en descendant dans la tombe je peux m'écrier avec l'un de vos illustres aïeux : Tout est perdu fors l'honneur, alors, je mourrai content. »


En fouillant les annales des hontes et des lâchetés, c'est avec reconnaissance et orgueil que l'on s'arrête devant cette page toute de courage et d'honneur ; c'est le front découvert que la gendarmerie doit prononcer le nom de Moncey ! car il lui à léguée dans cette lettre un des plus sublimes monuments que son histoire ait eu à enregistrer.



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