Le gendarme vu par ...
 Général AMBERT (1804 - 1890)


Georges BRASSENS (1921 - 1981)

Au marché de Briv'-la-Gaillarde
A propos de bottes d'oignons,
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon.
A pied, à cheval, en voiture
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée.

Or, sous tous les cieux sans vergogne,
C'est un usag' bien établi,
Dès qu'il s'agit d' rosser les cognes
Tout le mond' se réconcilie.
Ces furies perdant tout' mesure
Se ruèrent sur les guignols,
Et donnèrent je vous l'assure
Un spectacle assez croquignol.

En voyant ces braves pandores
Être à deux doigts de succomber,
Moi, j' bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J'excitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant: "Hip, hip, hip, hourra !"
Frénétiqu' l'une d'elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier: "Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l'anarchie !"
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d'un de ces lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Qu'elle serre comme un étau.

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsag' dilaté
Matraque à grands coups de mamelles
Ceux qui passent à sa portée.
Ils tombent, tombent, tombent, tombent,
Et s'lon les avis compétents
Il paraît que cett' hécatombe
Fut la plus bell' de tous les temps.

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons,
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons,
Ces furies à peine si j'ose
Le dire tellement c'est bas,
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avaient pas.


 Édouard OURLIAC (1813 - 1848)

Le gendarme :

Homme qui pour 30 sous par jour encourt :



Jean RICHEPIN (1849 - 1926)

LA LOI
Gendarme, voici ton emploi :
Faire respecter moi, la Loi,
Et, quoi que ce soit qu'on riposte,
Arrêter et conduire au poste
Quiconque me violerait.
LE GENDARME
Subséquemment que j'y suis prêt.
LA LOI
Qu'est-ce, me violer ?
LE GENDARME
Hum! qu'est-ce ?
Par exemple, étouffer la caisse,
Manger la grenouille d'autrui,
Lui ravir ce qui est à lui,
Autrement dit, pour passer outre,
Se comporter en vrai jean-foutre
Contre sa vie ou son argent.
Le gendarme est intelligent.
LA LOI
Pas de pitié pour le coupable !
LE GENDARME
Le gendarme en est incapable,
LA LOI
Nul passe-droit pour aucun d'eux !
LE GENDARME
Le gendarme et çà, çà fait deux.
LA LOI
Si c'est un malin qui raisonne ?
LE GENDARME
Raisonne ou non, je l'emprisonne.
LA LOI
Et si c'était un magistrat
Pris en faute, et qu'il te montrât
Sa toque marquée à mon chiffre ?
LE GENDARME
Je l'emballerais comme un fifre,
Et, nonobstant contre ni pour,
Le coffrerais comme un tambour.
LA LOI
Bon gendarme, la Loi t'estime.
LE GENDARME
Le gendarme en est légitime
Et va, pour faire son devoir,
Tâcher moyen, qu'on verra voir.

 Gustave NADAUD (1820 - 1893)

LES DEUX GENDARMES.


Deux gendarmes, un beau dimanche,
Chevauchaient le long d'un sentier;
L'un portait la sardine blanche,
L'autre, le jaune baudrier.
Le premier dit d'un ton sonore:
 « Le temps est beau pour la saison.
— Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison. »

Phœbus, au bout de sa carrière,
Put encor les apercevoir;
Le brigadier, de sa voix fière,
Troubla le silence du soir:
 « Vois, dit-il, le soleil qui dore
Les nuages à l'horizon.
— Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison.

— Ah! c'est un métier difficile:
Garantir la propriété;
Défendre les champs et la ville
Du vol et de l'iniquité!
Pourtant, l'épouse qui m'adore
Repose seule à la maison.
— Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison.
— Il me souvient de ma jeunesse;
Le temps passé ne revient pas...
J'avais une folle maîtresse
Pleine de mérite et d'appas.
Mais le cœur... (pourquoi?... je l'ignore)
Aime à changer de garnison.
— Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison.

— La gloire, c'est une couronne
Faite de rose et de laurier;
J'ai servi Vénus et Bellone:
Je suis époux et brigadier.
Mais je poursuis ce météore
Qui vers Colchos guidait Jason...
— Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison. »

Puis, ils rêvèrent en silence;
On n'entendit plus que le pas
Des chevaux marchant en cadence;
Le brigadier ne parlait pas.
Mais, quand revint la pâle aurore,
On entendit un vague son:
« Brigadier, répondait Pandore,
Brigadier, vous avez raison. »



Haut de page
Droit d'auteur
Licence
Historique du site
Derniers dossiers publiés
Contact
Contactez-nous
Sources
Bibliographie
Archives publiques
Liens externes

Plan du site
La conétablie
La prévôté
Les prévôts de Languedoc
La gendarmerie départementale
La gendarmerie mobile
Chrono-texte
Glossaire
Annexes