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Les légions de la garde républicaine mobile sont transformées en régiments de la garde
Régiments de la garde (1940 - 1944)
Création des régiments de la garde.
La garde dans la guerre.
La Libération reconstitue la Garde en subdivision de l'Arme.
Légions de garde républicaine (1945 - 1946)
Réorganisation des légions de garde républicaine.
6e régiment de la garde




LA GARDE
17 novembre 1940 au 9 octobre 1944
CRÉATION DES RÉGIMENTS DE LA GARDE

Après avoir été séparée de la gendarmerie départementale et reconstituée en deux groupes de 3 légions, une décision ministérielle du 31 janvier 1941(1) transformait les « légions de garde républicaine mobile » en « légions de Garde ». Les gardes étaient choisis parmi les militaires et anciens militaires ayant accompli au moins deux ans de service actif. Ils devaient mesurer plus de 1,66 mètre, être âgés de moins de trente-cinq ans, justifier de bonnes mœurs, d’excellents états de service, d’une santé et d’une instruction générale satisfaisantes. Constituant l'arme d'élite, l'ensemble des hommes de troupe, à l'exception des élèves-gardes, furent assimilés aux sous-officiers des autres armes. Chacune des six légions reçut un étendard. Il ne restait plus qu'à organiser cette nouvelle troupe. Ce fut l'objet du décret du 9 février 1941 qui précisait que ses officiers comme ceux des autres armes, pouvaient passer dans la gendarmerie. Il en était de même pour ses gradés qui conservaient leur grade (sauf les adjudants-chefs qui reprenaient le grade d'adjudant) et les hommes de troupe à condition pour ces derniers de totaliser quinze années de service.
Le 2 juin 1942, une loi plaçait la gendarmerie sous l'autorité directe de Pierre Laval, chef du gouvernement - Ministre de l'Intérieur. Un décret du 24 juin modifiaitEscadron motocycliste de nombreux articles du décret organique du 20 mai 1903 sur l'emploi et le service de la gendarmerie et en particulier l'article 4  en ces termes : « En raison de la nature de son service, la gendarmerie est placée sous les ordres directs du Chef du gouvernement. Elle prête son concours aux divers ministères et secrétariats d'État ».

Par décret du 12 septembre 1942(2), les « légions de garde » furent remplacées dès le 16 octobre 1942 par des « régiments de la garde ». Ils conservaient leur situation géographique. Chaque régiment possédait 2 groupes de 4 escadrons (1 motocycliste, 1 à cheval et 2 portés). Les escadrons étaient à l'effectif de 122 officiers et sous-officiers. Le commandement de ces régiments fut progressivement confiés à des officiers extérieurs à l'arme (à proportion de 5 officiers sur 6). L'école de formation des gardes installée à Guéret (Creuse) venait compléter la structure générale de la Garde.

 Le 8 novembre 1942 l'opération Torch fut déclenchée. Les Alliés débarquèrent dans les territoires français d'Afrique du Nord (Protectorat du Maroc et Algérie française). En représailles les forces allemandes et italiennes déclenchèrent l'opération Attila et envahirent la zone libre qui fut appelée zone sud. La démobilisation de l'armée française décidée par le chancelier Hitler et exécutée le 27 novembre 1942 ne concerna pas les légions de la garde qui furent maintenues en activité pour assurer le maintien de l'ordre.

La descente aux enfers allait se poursuivre avec la loi du 24 mars 1943 qui rattachait les régiments de la Garde aux forces de maintien de l'ordre du Département de l'Intérieur, afin que ce dernier puisse contrôler pleinement toutes les institutions ayant vocation à maintenir l'ordre. Cette loi créa une direction générale de la Garde composée de chef de cabinet, adjoint, chargés de mission, chefs de bureaux... placée sous les ordres d'un directeur : le général Jean PERRÉ nommé par décret du 7 avril 1944. Cet officier général, rallié à Pétain, présidait jusqu’en 1942 le tribunal militaire de la 13e Région (Clermont-Ferrand) y manifestant un grand rigorisme pour lequel il reçut de Pétain la francisque. Le 28 mai 1943, un décret-loi précisait que les pouvoirs confiés au secrétaire d’État à la Guerre à propos du personnel de la Garde étaient transférés au secrétaire d’État à l’Intérieur. La Garde se retrouvait désormais accolée aux groupes mobiles de réserve (G.M.R) formation de police civile, portant l'uniforme de celle-ci et organisée par la loi du 23 avril 1941. Mais ces forces de maintien de l'ordre comprenaient également la milice, recrutée en partie parmi les services d'ordre légionnaire suivant la loi du 28 août 1940 et par des volontaires suivant la loi du 30 janvier 1943 créant la milice. L'ensemble de ces formations étant placées dans le secrétariat général de la police dirigé par René Bousquet. Cette mesure, qui prit effet le 1er avril 1943, conservait aux formations de la garde leur structure régimentaire.

La Garde dans la guerre

Déracinée, réduite à l'extrême, amalgamée malgré elle à des formations favorables au gouvernement de Vichy, soumise aux directives de la « révolution nationale » collaboratrice, imposée par l'erb Feind, mutilée dans sa forme, la Garde allait être soumise dès 1943 à sa plus rude épreuve, la lutte contre les « terroristes ». Prise dans le terrible piège de la soumission aux lois sous peine de mort et son idéal républicain, démocratique et humaniste, la garde allait devoir faire face à d'effroyables situations. Combattre les maquis alors qu'elle leur était favorable aux côtés de la GMR et de la milice était tout simplement insupportable. De nombreux gardes furent tués au cours de ces actions commandées par l'armée ennemie. Réfugiés en des lieux stratégiques et difficiles d'accès, la lutte contre les maquis obligea le gouvernement de Vichy à former des groupements tactiques concentrés à l'extrême dès la mi 1943. Ainsi, sur un total de 48 escadrons, la Corrèze absorba 17 escadrons (repliés sur Limoges en 1944), la Haute-Savoie devait en monopoliser 13 et 8 escadrons étaient destinés au triangle Vichy-Lyon-Clermont. Les 10 escadrons restants étaient affectés à la garde des lignes haute tension. Cette stratégie permit aux campagnes de la zone sud de n'être plus sillonnée que par les seuls mouvements intermittents des forces de la Wermacht stationnées dans les villes. Elle devint progressivement le domaine du maquis qui s'organisait à l'aide des réfractaires du S.T.O. sous la complicité bienveillante des gendarmes départementaux.

Ce cauchemar se poursuivit jusqu'au 6 juin 1944. Dès le débarquement naquirent un nouvel espoir et avec lui la force et la détermination. Trop longtemps brimée, la garde brisa les chaînes auxquelles les forces d'occupation et le gouvernement de Vichy l'avaient attachée. L'école de Gardes de Guéret qui avait ouvert ses portes le 24 novembre 1943(3) à la caserne des Augustines, passa au maquis de la Creuse, 3 escadrons de Limoges rejoignirent les FTPF(4) de Guingouin, 2 escadrons de Savoie, 1 escadron de l'Ardèche se mirent aux ordres du Général Tamisier et du colonel Descours. D'autres rejoignirent le général Pfister, le colonel Colliou, le colonel Chêne etc, etc... Peu à peu les autres escadrons s'émiettèrent. Au total, sous l'occupation, plus de 12 000 militaires de l'Arme étaient passés à la Résistance. Ceux qui demeuraient à leur poste opposèrent la force d'inertie condamnée et traquée par les allemands et la milice. Cette attitude, facilité par la concentration excessive des unités voulues par les autorités du gouvernement de Vichy, permettait aux partisans éparpillés sur le territoire d'œuvrer avec une plus grande quiétude. Ce comportement essentiellement défensif, laissait aux francs tireurs le champ libre dans les campagnes et les opérations de force dans le vide furent très durement combattues et réprimées par l'envahisseur.
La Garde compte avec la gendarmerie 49 officiers et 1 375 sous-officiers morts en déportation, fusillés par les allemands ou tombés en les combattant.

Dès que commença la retraite de l'envahisseur, la Garde participa à la traque des colonnes en retraite, mais aussi à de nombreux combats dont ceux des Vosges, de Strasbourg (Sélestat 5 janvier 1945) puis à l'avance foudroyante au-delà du Rhin.



La Libération reconstitue la Garde en subdivision de l'Arme

Dans son Ordonnance du 5 juillet 1944 portant organisation de la gendarmerie et de la garde, le gouvernement Portrait_gardeprovisoire de la République française installé à Alger, annulait les lois relatives à la gendarmerie et à la garde promulguées par le gouvernement de Vichy. Les personnels de la garde restaient provisoirement soumis aux statuts qui les régissaient tandis que les personnels de la gendarmerie recouvraient dès le 1er septembre 1944, le statut fixé par la loi du 30 mars 1928 portant statut des sous-officiers de carrière, le décret du 10 septembre 1935, l'instruction du 27 juin 1929 et la circulaire du 22 novembre 1935(1).

Le commandement général de la gendarmerie fut confié au général Ferdinand Taillardat. Par décret du 23 août 1944 les «régiments de Garde» prenaient la dénomination de «régiments de Garde républicaine». Le 14 janvier 1945, un nouveau décret fusionnait les personnels de la gendarmerie et de la garde républicaine en une seule et même arme : la gendarmerie nationale.

Par décision ministérielle du 9 février 1945(2) les unités perdaient leur dénomination de régiment pour reprendre l'appellation de «légions de Garde républicaines». Peu après la fin de la guerre, les effectifs de la garde furent portés de 6 000 hommes à 10 000(3). La reconstruction du pays imposant des compressions budgétaires, ce chiffre fut ramené l'année suivante à 7 000 hommes(4), mais la mobilisation antiKominform de fin 1947 devait conduire le gouvernement à les regonfler d'abord à 11 000(5) puis à 12 000 hommes en 1950(6).


(1) circulaire n° 37408 T./ 10G. du 22 novembre 1935.
(2) D.M. n°5671 GEND.T du 9 février 1945.
(3) T.E 12 847 EMA/1 du 6 septembre 1945.
(4) T.E 11 865 EMA/1 du 13 septembre 1945.
(5) D.M. 1665 EMA/3.0 du 2 février 1946.
(6) D.M. 103 DN/EMP du 18 février 1950.


Liens externes

lien Association des Glières pour la mémoire de la résistance
lien Traces d'histoire

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